Collaborateurs de cabinet : se présenter ou pas en 2014 ?

25 juin 2013 at 11:22 (Actu)

« Certes, il est tout à fait possible de s’épanouir comme collaborateur de cabinet sans jamais avoir le désir de traverser le miroir, mais entre les uns, arrivés à ce poste par militantisme, et les autres, dont l’orientation procède d’études spécifiques (droit, IEP, masters spécialisés…), la motivation trouve invariablement sa source dans l’intérêt, voire la passion, pour la fonction publique et politique », rappelle d’entrée Christophe Le Ciclé, directeur de cabinet à Dreux agglomération (28).

De la pratique d’un métier très « technique » à l’ambition de mettre soi-même en œuvre « sa » vision de la collectivité, le pas est donc des plus naturels pour des dizaines de professionnels… L’appétence élective peut s’éveiller avec le temps. « Au fil des années, l’idée a peu à peu émergé de m’y coller et j’ai juste attendu de me sentir fin prêt pour le faire », raconte Jean-François Vigier, aujourd’hui chargé de mission au cabinet du maire de Massy (42 300 hab., Essonne) et maire de Bures-sur-Yvette (9 500 hab., Essonne) depuis 2008. La motivation procéderait presque de la fameuse pyramide des besoins de Maslow : « Une fois la carrière professionnelle bien engagée vient spontanément le désir d’une forme d’épanouissement moral associé à la recherche d’une certaine reconnaissance sociale à l’échelle de sa communauté. Une aspiration qui peut se traduire par un engagement associatif, mais s’exprime aussi dans un dessein politique », décrit Christophe Le Ciclé.

L’avis du « patron »
Difficile de « partir » sans en aviser le « patron ». Mais à quel moment l’annoncer à l’élu ? Pour la plupart des candidats potentiels, le temps n’est pas encore venu de rendre leur décision publique, d’autant que les têtes de liste ne sont, bien souvent, même pas encore désignées. Mais les conditions d’éligibilité, récemment revisitées et sujettes à diverses interprétations vont vraisemblablement contraindre des collaborateurs à sortir du bois d’ici fin août… Beaucoup sont assurés du bon accueil de leur annonce, inscrivant même leur démarche dans la trace d’un « mentor » : « J’ai la conviction qu’un parcours politique se fait souvent dans le sillage d’un autre, dans une véritable convergence de valeurs et de méthodes », estime ainsi Francisque Vigouroux, directeur de cabinet à Massy et candidat à Igny (91).

Pour certains maires, « mettre le pied à l’étrier des jeunes afin d’en faire des élus éclairés fait intrinsèquement partie de leur mission », expose Guillaume Coutey : élu maire de Malaunay (5 900 hab., Seine-Maritime) depuis 2012, il bénéficie de la compréhension et du soutien du maire de Canteleu (14 700 hab., Seine-Maritime) dont il reste directeur de cabinet.

Ambitions contrariées
Mieux encore : « Dans certains cas, l’action peut être menée en tandem afin de donner au mandat de l’un un écho complémentaire de celui de l’autre, au sein d’une intercommunalité par exemple », précise Erwan Huchet, directeur du cabinet conseil Savoirs publics.

Néanmoins, le tableau n’est pas toujours si idyllique. Et la récente tentative, voire tentation, parlementaire de restreindre les conditions d’éligibilité des collaborateurs, en avril, dans le cadre de la réforme des scrutins locaux, prouve que les élus ne voient pas tous du meilleur œil les aspirations électorales de leurs bras droits ! Les associations représentatives Collcab(1)Dircab(2) et Arccol(3) avaient alors déploré la « suspicion » à l’égard des collaborateurs de cabinet.

« Pourquoi confisquer la citoyenneté de serviteurs émérites ? », s’étaient-elles interrogées dans un communiqué commun. « Certains élus ont du mal à accepter cette ambition politique ; ils se sentent lâchés, trahis, instrumentalisés, menacés… », confie ce dircab qui craint fort de se retrouver professionnellement mis à l’index sur tout le territoire s’il venait à persister dans son ambition politique.

 

Appuyer la candidature de leurs collaborateurs de cabinet constitue pour les élus une des façons les plus sûres d’assurer l’émergence d’une relève politique expérimentée” 
Olivier Berlioux, président de l’Association nationale des responsables de cabinet des collectivités locales (Arccol)

Les collaborateurs de cabinet seraient-ils des challengers trop dangereux ? Certes, « ce n’est pas parce qu’on connaît les horaires de trains qu’on sait les conduire », rappelle le président de Collcab, Franck Laugier. Mais assurément, « cette formation in situ procure au collaborateur le bagage d’un vieux routier, la connaissance du milieu, de ses règles et de ses pièges potentiels », souligne Jean-François Vigier.

« Dans une équipe, un collaborateur élu assure la présence d’un contrepoids politique expert et expérimenté face à une administration de plus en plus formée », convient le président de l’association Dircab, Roger Molkou.

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